Une nouvelle piste prometteuse contre les infections sur prothèses
Les prothèses articulaires (hanche, genou, épaule…) permettent aujourd’hui à de nombreuses personnes de retrouver mobilité et autonomie. Mais dans certains cas, ces implants peuvent être touchés par une infection. Même si ces situations restent rares, elles concernent un nombre croissant de patients, notamment en raison du vieillissement de la population et du nombre toujours plus important de prothèses posées.
Ces infections peuvent avoir des conséquences importantes : hospitalisations longues, traitements antibiotiques prolongés et parfois plusieurs opérations chirurgicales. Dans les cas les plus difficiles, il faut retirer la prothèse, attendre plusieurs semaines, puis en poser une nouvelle, ce qui peut être très éprouvant pour les patients.
Les bactéries responsables, souvent des staphylocoques, ont la capacité de former ce que l’on appelle un biofilm à la surface de la prothèse. Ce biofilm agit comme une sorte de bouclier protecteur qui empêche les antibiotiques d’agir efficacement et rend les bactéries moins visibles pour le système immunitaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles ces infections sont parfois difficiles à éliminer.
Une innovation prometteuse
Des chercheurs de l’UCLouvain (Belgique) ont récemment développé une nouvelle stratégie pour lutter contre ces infections. Leur idée consiste à attaquer directement le biofilm.
Pour cela, ils ont mis au point un traitement combinant :
- Un cocktail d’enzymes, capable de détruire la structure du biofilm,
- Un antibiotique très concentré, qui peut alors atteindre les bactéries,
- Le tout contenu dans un hydrogel, une sorte de gel médical qui permet d’appliquer le traitement directement sur la zone infectée.
Lors des tests expérimentaux, les résultats ont été impressionnants. En effet, la quantité de bactéries a été réduite de plus de 99,999 %, et dans trois cas sur quatre, aucune bactérie n’était détectable 24 heures après le traitement.
Autre point important, les chercheurs n’ont pas observé de développement de résistance aux antibiotiques, ce qui constitue un enjeu majeur pour la médecine actuelle.
Si ces résultats se confirment lors des prochaines étapes de recherche, ce traitement pourrait permettre de contrôler certaines infections sans retirer la prothèse, simplement grâce à une injection ciblée au niveau de l’infection. Cela représenterait une avancée majeure pour de nombreux patients, en évitant des opérations lourdes et de longues périodes d’immobilisation.
Encore quelques étapes avant l’utilisation chez l’humain
Les chercheurs restent prudents, en effet plusieurs études supplémentaires sont encore nécessaires avant une utilisation en pratique médicale. Mais cette découverte ouvre la voie à de nouvelles solutions pour traiter les infections liées aux prothèses et à d’autres implants médicaux.
Astrid CLUIS
Ergothérapeute


