Handi planeur | Une prothèse dans les airs


 
Passionnant et captivant, le vol à voile ou planeur est un sport assis accessible aux personnes handicapées des membres inférieurs. Le club de Compiègne et d’autres clubs en France vous accueillent dans les meilleures conditions avec des planeurs adaptés au pilotage manuel pour profiter d’un vol de découverte avec la possibilité d’entamer une formation de pilote.
 

Une prothèse dans les airs

Voler, planer comme les oiseaux, les hommes n’en sont pas capables d’eux-mêmes. Pour cela, ils ont inventé des « prothèses » afin de pallier à ce manque : les aéronefs qui vont leur donner des ailes. Pour évoluer dans les airs sans subir les méfaits de la gravité, l’homme est donc en situation de handicap, une « prothèse » lui est nécessaire. Par conséquent, face à cette activité, une personne valide et une personne en situation de handicap des membres inférieurs sont presque sur un même pied d’égalité. Une limitation mineure pour le pilotage dans les trois dimensions reste à surmonter pour ces personnes, la commande de l’axe de lacet correspondant à la dérive dans le plan horizontal. 
 

Pour évoluer dans les airs sans subir les méfaits de la gravité, l’homme est donc en situation de handicap, une « prothèse » lui est nécessaire. 

 
Dans un avion ou un planeur, du plus petit à l’A380, celle-ci est pilotée aux pieds par deux pédales, gauche et droite, constituant le palonnier. Le reste du pilotage ainsi que le maniement des instruments se font avec les mains. C’est donc naturellement que, dès le moment où l’aviation s’est popularisée, des adaptations ont vu le jour pour qu’un pilote privé de l’usage de ses membres inférieurs puisse actionner le palonnier. 

Aujourd’hui, il existe même un mot dans le langage courant des pilotes pour désigner cette adaptation qui consiste en un report de la commande du palonnier à la main, il s’agit tout simplement du « malonnier ». Cette commande normée est apparue d’abord sur les avions et, plus récemment, sur les planeurs ouvrants l’accès aux personnes en situation de handicap à un sport assis encore trop méconnu, le vol à voile.
 

Intégration

Il est courant d’entendre dire que le planeur est un sport solitaire qui se pratique en équipe. En effet, au sol un pilote de planeur, même valide, n’est pas autonome, il a besoin d’aide pour amener le planeur en piste et la mise en l’air s’effectue par un court remorquage avec un avion ou au moyen d’un treuil, tous deux pilotés par une tierce personne. Ces aspects particuliers du planeur font qu’une personne en situation de handicap sera vite intégrée dans un milieu où l’entraide est monnaie courante. Dans son aspect sportif, le vol à voile consiste à parcourir, sur circuit imposé, des distances plus ou moins conséquentes dans un avion sans moteur, le planeur, en un minimum de temps en s’appuyant sur les courants ascendants aériens.
 

 
Il s’agit donc de courses de vitesse. Et cette petite prothèse supplémentaire qu’est le malonnier va mettre sur un même pied d’égalité un pilote valide et un pilote en situation de handicap des membres inférieurs. Ces pilotes participent aux mêmes concours que les pilotes valides sans aucune distinction. La faible garde au sol et la large ouverture de verrière rendent le planeur facile d’accès en toute autonomie. L’aérodynamisme et les vols de longue durée nécessitent une position quasiment couchée dans le cockpit particulièrement confortable.
 

Autonomie

L’autonomie est une notion chère aux personnes à mobilité réduite (PMR). Il en est de même pour un vélivole (pilote de planeur). Pour voler, un aéronef n’a pas besoin de moteur, l’organe principal, ce sont les ailes. Un avion comme un planeur avance dans les airs en planant, ce qui correspond à une trajectoire vers le sol dont la chute est ralentie par la portance des ailes. 

Pour conserver de l’altitude ou en gagner, un avion motorisé utilise la propulsion ou la traction du moteur. Sans moteur, le défi du vélivole est de regagner de l’altitude, donc de l’autonomie, en jouant avec les éléments naturels tels que les courants ascendants ou le vent. Et voilà comment un planeur peut parcourir plusieurs centaines ou milliers (pour les records) de kilomètres dans une journée sans avoir consommé une seule goutte de carburant si ce n’est celle de l’avion remorqueur ou du treuil pendant les quelques premières minutes du vol.  
 

Au terme de la formation, un pilote handicapé peut passer son brevet et maintenir sa licence en volant en biplace et en monoplace.

 
Pour tout vélivole, et d’autant plus pour le vélivole PMR, c’est une très grande source de satisfaction et un beau défi que de gagner de l’autonomie au-dessus de paysages qu’il aurait bien du mal à parcourir au sol. Dès le début de sa formation, le vélivole prendra les commandes et gagnera en autonomie lors de ses premiers vols à bord du biplace d’instruction à double commande pour être, un jour, lâché « solo ». 
 

 
Tout vélivole le dit, c’est une activité où l’on ne cesse d’apprendre et de progresser tant le champ des possibles est immense. Nul besoin d’être un génie en maths et en physique pour débuter le vol à voile, on peut aussi apprendre à tout âge (à partir de 13 ans). Avec une formation très rigoureuse, le planeur est une des disciplines aéronautiques où l’accidentologie est la plus faible.

Au terme de la formation, un pilote handicapé peut passer son brevet et maintenir sa licence en volant en biplace et en monoplace. Considéré par tous les pilotes comme le vol le plus fin, c’est aussi un formidable tremplin pour des carrières dans l’aéronautique. Depuis 2005, un pilote handicapé peut accéder aux brevets de pilotes professionnels.
 

En pratique

En France en 2020, 26 clubs de vol à voile répartis sur l’ensemble du territoire sont équipés de planeurs biplaces et monoplaces adaptés avec un malonnier constituant un parc de 41 machines (http://bit.ly/handi-map). L’Association Compiégnoise de Vol à Voile (ACVV) est un des clubs les mieux équipés, pouvant proposer une solution allant du biplace d’instruction au monoplace de performance pour de longs vols sur la campagne après l’obtention du brevet de pilote. 
 

 
La totalité des locaux, club-house, hangars, pistes, … sont accessibles en fauteuil roulant avec des sanitaires adaptés. Une formation standard dure une à deux saisons (Mars à Octobre) selon l’assiduité du pilote. Des subventions permettent l’accès à la formation de pilote de planeur à des tarifs préférentiels pour les PMR et les moins de 25 ans. 

Une formule découverte à prix réduit est possible avant tout engagement.  Une formule Duo permettant une pratique de loisir en biplace est aussi proposée par la Fédération Française de Vol en Planeur (FFVP). Enfin, des vols d’initiation sont possibles durant la saison le week-end ainsi que les mercredis et vendredis.
 

À retenir
  • Le planeur est un sport ou un loisir assis accessible aux personnes handicapées des membres inférieurs autonomes pour leurs transferts.
  • Le vol à voile permet de retrouver de l’autonomie en survolant des paysages fantastiques au-dessus des plaines et des montagnes de façon écologique et silencieuse.
  • Une dérogation médicale doit être demandée pour l’obtention de la licence et un pilote handicapé peut prétendre à toutes les qualifications comme un pilote valide avec une bonne intégration dans le groupe.
  • Un planeur adapté peut être utilisé aussi bien par un PMR qu’une personne valide.
  • Des subventions permettent de financer une saison de planeur à prix réduit.
  • Le planeur n’est pas dangereux s’il est pratiqué dans les limites apprises lors de l’instruction.

 

Renseignements

Et plus spécifiquement pour des conseils sur l’handiplaneur auprès de Dominique Raze : dominique.raze@ffvp.fr
 

DOMINIQUE RAZE
Président de la commission handiplaneur
Fédération Française de Vol en Planeur

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